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 Les errances d'un druide extraordinairement banal, Par Torik

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Zeratul

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MessageSujet: Les errances d'un druide extraordinairement banal, Par Torik   Sam 17 Sep - 18:51

Torik Le Juste:
Les errances d'un druide extraordinairement banal



- Chapitre 1 -
- Une compagnie particulière -





Le soleil était haut dans le ciel lorsque l'action se produisit. Le vent agitait mollement les feuilles des hauts arbres aux couleurs printanières de la forêt de Broquir qu'il parcourait depuis quelques heures déjà. Une branche tombée au sol craqua et l'écureuil releva aussitôt la tête. Il resta ainsi aux aguets jusqu'à ce qu'une seconde branche craque; plus proche cette fois. Il se sauva rapidement, et atteignit sa cachette habituelle dans le tronc d'un arbre au moment même où un individu à l'apparence négligée, les vêtements plus ou moins loqueteux, un simple bâton pour seule arme, et un baluchon de taille très modeste porté en bandoulière, arrivait là où le petit animal se tenait quelques instants auparavant.

Depuis le temps qu'il parcourait ces terres en tous sens, voyager seul ne représentait plus vraiment un réel danger pour lui, et encore moins aux alentours de la ville neutre de Mérulik. Cependant sa dernière rencontre avec Aurore lui revenait sans cesse à l'esprit et il s'aperçut trop tard du piège qu'on lui avait tendu. Son pied gauche se prit dans des lierres soigneusement dissimulées, et il vit presque aussitôt, et donc sans avoir le temps de réagir, une flèche arriver droit sur lui et finir sa course dans son épaule gauche. La douleur lui arracha un cri qui se modifia en un feulement de rage lorsqu'il se transforma en félin. L'agilité et la petite taille de l'animal lui permirent de sortir du piège, mais déjà deux gaillards tout de rouge vêtus, et armés d'épées larges comme un tronc d'arbre fonçaient sur lui en hurlant des cris de guerres incompréhensibles.
La menace d'une nouvelle flèche planant sur sa tête, et n'ayant pas la possibilité de localiser le tireur avec deux guerriers à ses trousses, le druide n'eut d'autre choix que de tenter de fuir à travers les arbres. Cependant malgré l'avantage indéniable de son agilité extraordinaire, sa blessure le lançait trop pour réussir à distancer ses deux poursuivants. Devinant que l'affrontement devenait inéluctable, il préféra tenter de profiter de l'effet de surprise et fit volte-face sans crier gare. Malheureusement, c'était sans compter sur sa blessure, qui l'obligea à s'étaler lourdement au sol, en même temps que sa transformation prenait fin.
Il fit un effort surhumain pour rester conscient pendant que les deux brutes, haletant comme deux bœufs après une matinée de travail de la terre, l'immobilisait au sol, l'un lui tenant les bras pendant que l'autre tâchait de les lui attacher à l'aide d'une corde.

Il y eut quelques secondes d'attente qui parurent durer des heures et pendant lesquelles plus rien ne bougea. Puis enfin le tireur embusqué fit son apparition, marchant délicatement, sans faire le moindre bruit, son arc rangé sur son dos dans son carquois, et tenant le maigre baluchon du druide à bout de bras, comme si l'odeur qui s'en élevait l'incommodait.


- Tiens tiens ! Ce n'est pas une très belle prise les gars. Mais bon, s'il est assez idiot pour se laisser prendre au piège, il l'est peut-être aussi assez pour laisser trainer quelque chose de valeur dans sa besace.

Le franc tireur lui envoya quelques coups de pieds dans les côtes, souriant à chaque cri de douleur contenu du captif.

- Ouvrez moi ça les gars. Et fouillez le! Cracha le franc tireur en envoyant le baluchon à l'un de ses compères.

- Va te faire foutre !

Et passant aussitôt à l'action, le druide se contorsionna habilement de façon à faucher les jambes du chef des malfrats de ses pieds libres.
Se relevant à une vitesse fulgurante, le royaliste lui envoya une droite puissante dans la mâchoire, et prit ensuite un malin plaisir à lui écraser son épaule blessée de tout son poids. La douleur était tellement aveuglante que le druide crut un instant que son bras allait se détacher du reste de son corps, avant qu'une voix aussi soudaine qu'inattendue se fasse entendre.


- Ça suffit !

Le ton strict et autoritaire contrastait lourdement avec le son faible et aigu de la voix féminine. Cependant, tout le monde se stoppa net, cherchant la source d'un regard circulaire.
La voix profonde et envoutante provenait en fait d'un tout petit être lumineux, entouré d'un halo vert et à l'apparence d'un bébé aux formes improbables, issues d'une union de l'homme et de la nature.

Le halo s'intensifia lorsque la minuscule créature entonna un chant lent et mélodieux au beau milieu des affaires éparpillées du druide. Quelques instants plus tard, les trois malfrats s'endormaient en ronflant, le franc tireur suçant même son pouce.


-Merci Aurore, grogna le druide.

-Je m'étonne toujours autant que ma musique n'ait pas d'effet sur toi, se contenta t-elle de répliquer.

-Je t'ai déjà dit que je n'avais pas l'oreille musicale.

-Oui mais quand même ! s'emporta ce qu'il avait identifié comme étant une sorte de fée.

Le druide se remémora sa rencontre avec ce petit être, le matin même, sur la route allant de la Hanse à Mérulik. Il marchait tranquillement lorsque son pied avait heurté quelque chose de mou. Il avait ramassé cette chose qui s'était soudain animée dans ses mains et avait dit sur le même ton boudeur:

- Tu aurais pu faire attention où tu poses tes gros sabots. Tu m'as réveillée.

S'en était suivi une discussion improbable, vite remplacée en une joute verbale amusante que le druide avait finalement gagnée. Mauvaise perdante, Aurore avait alors tenté, en vain, de l'endormir à l'aide de son chant. Voir le druide gagner la joute verbale et résister à son sortilège de sommeil l'avait semblerait-il grandement impressionnée, et il avait gagné le respect du petit être. Celui ci était alors entré dans son baluchon sans un mot de plus.

Revenant au moment présent, le druide demanda:


-Dis, tu ne pourrais pas me détacher les mains, par hasard ?

Mais elle dormait déjà, de retour dans le baluchon.

-Maudite bestiole ! lança t-il en rampant vers l'épée du dormeur le plus proche.

Une fois libéré de ses liens, il remis en ordre son baluchon et épousseta ses vêtements encore un petit peu plus loqueteux qu'avant l'agression. C'est à ce moment là seulement qu'il se rendit compte que sa blessure à l'épaule avait totalement disparut, sans laisser la moindre cicatrice.


-Je me demande bien pourquoi tu t'es montrée à moi ainsi...Seul l'avenir nous le dira..., conclut-il avant de se remettre en route.

Bien au chaud dans le fond du baluchon, la fée sourit en entendant le commentaire du druide, se retourna, et se rendormit.
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Zeratul

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MessageSujet: Re: Les errances d'un druide extraordinairement banal, Par Torik   Sam 17 Sep - 19:15


- Chapitre 2 -
- Un fragment de légende -




Le druide poussa le rideau de lierre qui dissimulait l'entrée secrète de la cave. Son informateur, le vieil homme agonisant sur son lit de mort, ne lui avait pas menti. Ses indications avaient été fidèles et précises, jusqu'à présent.
Pour comprendre les raisons de la longue quête dans laquelle il s'était lancé, il fallait remonter à quelques mois plus tôt. Son grand-père, dernière famille qui lui restait, tomba malade. Une maladie de l'age. Assis sur sa chaise basculante favorite, il lui avait raconté pour la énième fois la raison du départ de ses parents vers des territoires lointains et inconnus, dangereux. Une légende perdue, oubliée, incomplète...
Mais voilà que ses derniers jours étant venus, il avait décidé de raconter tout ce qu'il savait à son petit fils.


- Silderian. Il est encore une chose que tu n'as pour le moment jamais sue. Je n'ai jamais pu me résoudre à te la raconter. Tes parents sont partis risquer leur vie pour une légende parmi tant d'autres. Voilà ce que je t'ai toujours dit. Mais ce n'était pas une simple légende parmi tant d'autres. Oh non ! Loin de là ! Cette légende, c'était celle de l'épée de bonne vie d'Alcadéiäs.

Un long silence avait suivit cette première partie d'explication. Le grand-père aux sourcils grisonnants en avait profité pour se redresser dans sa chaise, afin que son dos épouse mieux la forme des coussins abimés par leurs nombreuses années de service. La quinte de toux qui s'ensuivit dura une dizaine de secondes, pendant lesquelles il eu du mal à trouver sa respiration. Mais elle se calma enfin, et la suite du récit vint ensuite au rythme des balancements de sa chaise.


- Les terres d'Alidhan, il y a de cela très longtemps, étaient quasiment désertes. Non pas de végétation, mais plutôt d'hommes. Seules quelques tribus indigènes les peuplaient, et elles vivaient en autarcie avec la Nature. Elles étaient de ce fait très peu développées. Aussi lorsque les colons qui sont nos ancêtres débarquèrent par la mer au Sud de Nedmor, les tribus comprirent que leur heure avait sonnée. En effet, il fallut quelques décennies pour cela, mais bientôt les indigènes avaient tous disparus, tués par les colons avides de découverte et de nouveaux territoires.
Les terres étant fertiles dans de nombreuses régions, les colons s'installèrent rapidement, prenant tout d'abord possession des terres du littoral. C'est la raison pour laquelle Nedmor est la capitale. Ce fut la première ville construite ici, par les colons à leur arrivée.
Ce n'est pourtant que mille ans après le débarquement des premiers colons que ces derniers découvrirent l'unique tribu de ces terres encore existante. Elle était tellement éloignée de leur point d'arrivée, et tellement discrète, qu'ils ne l'avait pas encore trouvée. Tout simplement.


La nouvelle quinte de toux fut plus intense encore cette fois-ci. Elle dura bien un minute complète, et ne s'arrêta que lorsque le vieil homme eut réussi à ingurgité la mixture qui lui servait de tranquillisant. Mais ce n'était ni plus ni moins qu'une drogue, un cache-douleur. Il refusa toutefois d'attendre le lendemain pour raconter le reste de l'histoire, et continua donc aussitôt.

- Lorsque les deux civilisations entrèrent en contact, chacun estima que l'autre était de trop. Les colons et les membres de cette tribu, les Anthonis, vécurent quelques années sans se battre, mais sans entretenir de relations amicales pour autant. Ils avaient deux modes de vie trop différents pour pouvoir réellement s'entendre, malheureusement. En effet, le jour où les colons décidèrent que les Athonis étaient gênants pour leurs travaux d'expansion, ils leurs déclarèrent tout bonnement la guerre. Mais ces derniers, mille fois moins nombreux, ne cédèrent pas la moindre once de terrain aux Alidhanais. On peut aisément dire que leur civilisation, bien que d'apparence archaïque, était en tous points bien plus évoluée que celle des colons, même par rapport à aujourd'hui !
Toujours est-il que la guerre dura plusieurs décennies. Aidés de la magie, les Anthonis suivaient leur héros, un certain Alcadéiäs sur les champs de batailles. C'était un homme de grande taille, à la force surhumaine, mais tout aussi intelligent. C'est ce qui faisait d'ailleurs sa force. Fin stratège, et guerrier-né, il savait mener ses troupes vers la victoire à coup sur, mais toujours en faisant en sorte de perdre le moins d'hommes possibles. Une autre vieille légende de cette époque racontait qu'une journée durant, l'armée humaine fut assaillie de toute part et subit de nombreuses pertes sans jamais réussir à apercevoir le moindre ennemi. Quand ils comprenaient enfin que les pièges étaient creusés dans le sol, alors le danger arrivait ensuite des airs.
Bref.
Les descendants des colons commençaient à douter de leur capacité à battre ce qu'ils considéraient de plus en plus comme des Dieux lorsque subitement, Alcadéiäs ne vint plus sur les champs de bataille. Personne ne le revit, alors qu'il n'avait pas été blessé au combat.
L'incompréhension fut grande, mais de courte durée chez les Alidhanais. Forts de ce retournement de situation, il ne leur fallut que quelques jours seulement pour réduire le reste des Anthonis au silence. Il ne fut pas gardé le moindre survivant, et deux mois plus tard, il ne restait rien de cette dernière tribu indigène, la plus grande que les terres d'Alidhan connurent. Plus aucun bâtiment. Rien. Seul resta la légende d'Alcadéiäs, immortelle, transcendant les ages.


Un long silence avait suivi la fin de la tirade du vieil homme. Chacun était resté plongé dans ses pensées. Puis, après de longues minutes totalement silencieuses, il avait finalement ajouté:

- Tes parents ont toujours été d'éternels rêveurs. Lorsque cette légende est parvenue jusqu'à leurs oreilles, ils ont décidé de partir glaner des informations, faire des fouilles pour trouver des vestiges de cette civilisation disparue.
Ils sont partis cinq ans, sans que je n'ai de nouvelles. Puis, un beau jour, j'ai rencontré un petit être, une sorte de nains, ou de lutin. Il dormait tout le temps, mais quand il s'est réveillé, il m'a annoncé qu'il avait un message de ta mère pour moi.
Ainsi j'ai appris que ton père était décédé dans un guet-append deux ans plus tôt, et que ta mère était mourante, qu'elle avait payé de sa vie la découverte la plus importante du siècle:
Selon elle, Alcadéiäs n'était pas mort, mais continuait de vivre à travers son épée. Cette même épée qu'il brandissait contre les colons sur les champs de bataille. Cette même épée pour laquelle ta mère était tombée irrémédiablement malade en la cherchant.


Suite à ce récit, le druide avait décidé de partir seul sur les terres d'Alidhan, sur les traces de ses parents. Il avait trouvé un vieil historien, celui-là même qui lui avait confié sur son lit de mort, la manière de trouver l'entrée des derniers vestiges souterrains de la civilisation Anthone.

-Voilà donc la fameuse porte dont le vieil historien m'avait parlé.

- De quoi ?

Le druide ne répondit pas à la petite fée qui le suivait désormais partout. Il se contenta de soulever un peu plus le lierre, puis de soulever le crochet qui retenait le vieux panneau de bois. Le bois de la porte n'était pas un bois normal. Il semblait d'époque, alors que tout bois de cet age aurait depuis longtemps pourri. Mais celui-ci était blanc, avec de petites veines noires le parcourant. Comme s'il était vivant, on pouvait voir les veines noires palpiter, comme guidées par le rythme de battements de cœur lents et profonds.
L'intérieur de la cave émanait encore plus la magie. La pièce dans laquelle il se trouvait été lumineuse, éclairée par les murs elle-même. Les mêmes veines noires les parcouraient. La luminosité était fournie par les murs du même blanc que le bois, qui scintillaient sans toutefois éblouir.
Parmi la lumière diffuse, le druide put clairement distinguer tout ce qui se trouvait autour de lui. La pièce était assez petite, et totalement vide. Le druide se dirigea donc, fasciné par les veines noires animées parcourant les murs, vers l'unique porte au fond de la pièce.
Il actionna le verrou et le panneau plongea dans le sol sans le moindre effort, par magie. Totalement absorbé par l'univers inconnu qu'il foulait, le druide passa dans l'autre pièce sans se rendre compte qu'il avait oublié de refermer le panneau de bois dissimulant l'entrée de la cave...
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Zeratul

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MessageSujet: Re: Les errances d'un druide extraordinairement banal, Par Torik   Dim 18 Sep - 17:56


- Chapitre 3 -
- Fuite, poursuite, dilemme -


La nuit était tombée depuis quelques heures déjà à la surface. Mais le druide, trop occupé à admirer chaque centimètre de ce qu'il avait découvert dans la pièce suivante, n'en avait pas conscience. Pourtant, quelque part au dessus de sa tête, un homme aux longs vêtements sombres, quasiment invisible dans la nuit noire, courait. Il jetait de nombreux coups d’œil derrière lui, et accélérait sa course encore un peu plus à chaque foulée. Une masse de petite taille, tout aussi sombre que lui, voltigeait à hauteur de son épaule, silencieuse.
Un cor, puis deux, puis trois, retentirent dans la forêt, d'abord loin derrière lui, puis plus près à sa droite. Il serait bientôt encerclé. Et dire qu'il avait risqué sa vie pour dérober un joyaux qui n'était même pas à l'emplacement prévu ! On lui avait tendu un piège grossier, et lui était tombé dedans, tête la première.
Tombé dedans sans rien voir venir...
C'est ce qui lui arriva lorsqu'il ne sentit plus le sol sous son pied. Il était pourtant certain d'avoir vu du lierre au sol, mais il était passé au travers. Agile et habitué à faire face à chaque nouvelle situation improbable, il se releva rapidement, pensa être tombé dans une sorte de galerie de mineur, et referma aussitôt la porte derrière lui.
A peine avait-il remis le crochet en place qu'il entendit des chevaux et leurs cavaliers passer à toute allure sur le panneau en bois. Il l'avait échappée belle cette fois-ci ! Quand il retrouverait ce maudit Delgo, il lui réglerait son compte...
Il poussa un soupir de soulagement, et regarda plus en détail la pièce dans laquelle il était tombé: les murs éclairaient la pièce de leur lumière blanche diffuse. Le sol était pavé, et le plafond de la même matière que les murs. Une sorte de bois blanc et solide, très étrange. Il n'avait jamais vu une telle chose auparavant.


- C'est vide comme endroit, mais au moins, cela nous protégera le temps qu'ils s'éloignent.

Le voleur s'était adressé à la petite masse sombre qui le suivait pendant qu'il fuyait, et qui se tenait désormais perchée sur son épaule. En fait d'une masse sombre, il s'agissait d'un corbeau. Mais pas un corbeau banal. Son visage était dissimulé derrière un crâne aux orbites noires, vides. Sur le côté étaient dressées deux cornes rouges, imposantes. Son corps aussi était étrange: il était drapé d'une sorte de cape noire qui flottait en permanence autour de lui, même sans vent, et qui lui le rendait évanescent, diffus. Pour ajouter enfin à la vision d'horreur, l'une des pattes de l'animal était munie de griffes en fer, pointues et acérées.

- Idiot. Je t'avais dit de ne pas écouter le gros plein de soupe.

-C'était un ami et...laisse tomber...Où sommes nous d'après toi ?

Le corbeau ouvrit légèrement le bec et émit un son aigu, strident.

-On dirait bien des vestiges d' Anthonis. Tu es vraiment écœurant ! Tu étais il y a quelques secondes sur le point de te faire prendre après avoir tenté de voler les bijoux d'un riche seigneur, et tu tombes malencontreusement dans les vestiges de la plus vieille et de la plus puissante civilisation que ces terres aient connu...

- Tu veux dire que cet endroit est empli de trésors méconnus ?

- C'est cela même.

- Quel veinard ! Bon et bien cette pièce est vide. Et si on allait voir plus loin ?


***



De l'autre côté du panneau de bois, un petit oiseau aux couleurs vives et dont les ailes semblaient bruler sans se consumer pour autant, écoutait attentivement.
Puis il pépia selon une succession de sons précis, et les taillis à quelques mètres de lui s'agitèrent. Une jeune femme en sortit et se dirigea vers lui
.

- Alors Pirrie ?

- Ils sont là-dedans, acquiesça le petit oiseau en pointant une aile vers le rideau de lierre.

- Bien. Entrons.

La jeune femme alluma une sorte de petite lumière vive sur le bout de ses doigts d'un simple regard et examina le lierre jusqu'à trouver le loquet. Malheureusement, celui-ci était verrouillé de l'intérieur.

- Ils sont encore derrière ?


- Non, ils ont changé de pièce, je n'entends plus rien.

- Bien.

La magicienne tenta d'enflammer le panneau à l'aide d'une petite boule de feu, puis d'une plus grosse. Mais ni le lierre ni le panneau de bois ne prit feu.


-Je peux l'ouvrir de l'intérieur si tu veux. Lui annonça l'oiseau.

- Vraiment ? Alors ce serait avec plaisir. Merci.

L'oiseau se figea comme en profonde réflexion, puis se ranima quelques instants plus tard, en même temps que le panneau de bois s'ouvrait.
Ils entrèrent prudemment, sur la pointe des pieds. Afin d'éviter de faire trop de bruit, ils continuèrent leur discussion par télépathie.


- Quel est donc cet endroit ? Une cachette connue de lui seul ?

- On dirait plutôt...des ruines de la civilisation des Anthonis...

- De quoi ?

- Une vieille civilisation détruite par tes ancêtres il y a très longtemps.

- Oh. Je vois. Bon, je n'ai pas envie de croupir ici. J'en parlerais au seigneur en rentrant. Pour l'instant, tout ce qu'il veut, c'est ce voleur, mort ou vif.


Plus prudente que le premier homme qui était entré quelques heures plus tôt cependant, la magicienne prit soin de refermer la porte derrière elle avant de poursuivre vers l'autre pièce.

***



- Nous voilà devant un dilemme ! annonça le druide à la petite fée.

- Oui. Quelle porte choisir ?

Les deux compagnons se tenaient debout dans une petite pièce étroite et vide. Sur le mur opposé, trois panneaux de bois servant de portes.

- On pourrait juste ouvrir, jeter un œil, et revenir en arrière si cela ne nous convient pas, avança le druide.

- Je crains que ce ne soit pas si simple. Attention ! Nous sommes dans les vestiges d'une civilisation très ancienne. Ta mère est tombée mortellement malade en cherchant à en percer les mystères. Nous pouvons penser que bien que les Anthonis soient morts depuis longtemps, ils restent encore certains pièges ou autres difficultés devant lesquels nous devrons faire face.

Le druide ne répondit pas, comme à son habitude lorsqu'il entrait en profonde réflexion. Il tendit la main vers le verrou de la porte du milieu, puis, au moment où il allait le toucher, se ravisa et retira sa main. Des bruits venaient de se faire entendre dans la pièce précédente. Une voix grave d'homme, et une autre, plus aigüe, sans pour autant être féminine.
En silence, le druide tira son bâton, et mis Aurore dans la poche de sa veste rapiécée. Puis il se fondit dans l'ombre et attendit en retenant sa respiration.
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Zeratul

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MessageSujet: Re: Les errances d'un druide extraordinairement banal, Par Torik   Dim 25 Sep - 15:49


- Chapitre 4 -
- Marécages, combat de bêtes -



Le druide regardait avec appréhension l'homme et le corbeau qui venaient d'entrer dans la pièce. Si jamais ils regardaient dans sa direction, le combat deviendrait inévitable. Mais ils semblaient pour le moment trop occupés à se chamailler pour le voir.

- Je préfère prendre la porte du milieu.
- Mais non, c'est trop facile, celle de gauche m'inspire plus.
- Ah bon ? Et pourquoi donc ?
- Je ne sais pas, mais celle du milieu semble trop évidente. C'est forcément un piège.
- Et si justement le piège serait de croire qu'il s'agit d'un piège ?
- N'importe quoi !
- Tu n'en sais rien !
- Toi non plus !
"Bon, à droite alors ?" Lancèrent-ils tous les deux en même temps.
- Si c'est de ta faute...
- On l'a dit en même temps !
- Et si c'était au milieu je te promets...
- Je peux en dire autant. Allez, ouvre.

L'homme actionna le verrou et le panneau de bois s'enfonça dans le sol. Les deux compagnons continuèrent de se chamailler, même après être entrés et que le panneau se soit refermé derrière eux.
Le druide poussa un "ouf !" de soulagement et se releva pour venir se mettre face aux trois portes.


- On choisit laquelle alors ? demanda Aurore.
- Je ne sais pas. On ne sait même pas s'il y a véritablement un bon chemin. Peut-être que la porte importe peu.
- C'est possible aussi...
- Sinon il y a forcément un indice...la pièce étant vide, examinons plutôt les portes.

Les deux compagnons se mirent à scruter chaque porte sous tous les angles pour essayer de trouver un indice, une trace, un repère. Au bout de quelques minutes de recherches infructueuses, le druide se redressa soudain et fit quelques pas en arrière pour prendre du recul.

- Tu abandonnes ?
- Non, mais je crois avoir trouvé.
- Vraiment ?
- Oui. Regarde bien les veines noires sur les murs.
- Je les vois. Mais que dois-je remarquer ?
- Je suis persuadé que se sont ces veines qui fournissent l'énergie nécessaire à l'éclairage et à l'ouverture des panneaux.

Tout en disant cela, le druide marcha le long du mur de droite en suivant une veine de son doigt.

-Regarde bien celle-ci. Elle est un peu plus grosse, et c'est à partir d'elle que s'organise le reste du réseau. Un peu comme un arbre et ses racines. Celle-ci est en quelque sorte la racine pivot. Et si l'on suit son parcours, elle passe au-dessus de cette porte, puis de celle-ci, et disparait derrière le panneau de gauche.
- Ce serait donc le bon chemin ?
-Je pense. En tout cas, cette racine, ou veine comme tu voudras, est encore de petite taille. Il est fort possible qu'elle rejoigne une autre racine pivot plus importante.

Le druide actionna le panneau de gauche, prenant ainsi le chemin opposé de celui choisi par le voleur et le corbeau.

La porte était quasiment refermée lorsque la magicienne et l'oiseau de feu entrèrent en courant dans la pièce.

- Ils sont partis par là ! La porte est encore entrouverte, regarde !
- Nous les rattrapons, ils ne sont plus très loin. Dépêchons nous, mais restons tout de même sur nos gardes.

La femme appuya sur le verrou et la porte de gauche s'ouvrit pour la deuxième fois en disparaissant dans le sol. Ce qu'elle ignorait, c'est qu'elle suivait à présent non plus le voleur qu'elle voulait capturer, mais le druide qui était entré en premier dans les souterrains.

- Allons-y !
***



- Comment se fait-il que le sol soit aussi marécageux alors que nous sommes sous terre ? Il ne pleut pas ici à ce que je sache !

La petite fée était vraisemblablement énervée.

- Tu n'as pas à te plaindre, ce n'est pas toi qui doit faire attention où tu poses les pieds à chaque pas.

La fée, ne trouvant aucune répartie, se mit à bouder et rentra dans le baluchon avec humeur.
Concentré, le druide s'aidait de ses bras pour tenir l'équilibre. Au début il n'y avait eu que quelques flaques de boue faciles à éviter mais rapidement le terrain s'était compliqué: la pente descendait lentement dans le coeur de la Terre, et les flaques avaient grossi jusqu'à devenir un dangereux marécage. Son bâton de l'ours qui le suivait partout lui servait à présent pour tâter le terrain face à lui.
Il marcha ainsi à la vitesse d'un escargot malade pendant plusieurs heures avant qu'enfin une amélioration du terrain ne se fasse sentir. Alors qu'il poussait un "ouf !" de soulagement, il crut percevoir une voix lointaine, derrière lui. Il s'arrêta et tendit l'oreille. En effet un faible son se faisait entendre. Une voix féminine. Impossible à comprendre ce qu'elle disait, mais le ton lui sembla pressant, presque désespéré.


- Non, non non ! Je t'interdis d'aller la secourir ! ordonna Aurore en sortant de sa bouderie.
- Tu l'entends aussi ?
- Oui, elle crie "au secours !" toutes les trois secondes. Mais ça sent le piège, n'y va pas ! On vient à peine de sortir des marécages, on ne va pas y retourner !

Trop tard. Alors qu'il avait passé tant de temps à traverser les marécages et qu'il en voyait enfin le bout, le druide fit volte-face et abandonna toute la prudence de l'aller pour courir à vive allure en sens inverse.

- Non ! Attention !

Les cris de la petite fée n'y firent rien, et ballotée en tous sens, elle retourna bouder dans le baluchon.
Plusieurs fois le druide posa le pied dans la boue et faillit ne pas pouvoir en ressortir. Il fut même obligé de se séparer de l'une de ses chaussures à un moment, sans quoi il serait resté bloqué.


- Tu vas finir par te noyer ! hurlait la fée de plus belle, après une bouderie de courte durée.

L'ignorant totalement, le druide visionnait mentalement le chemin qu'il avait suivi dans le dédale des marécages au fur et à mesure qu'il revenait sur ses pas. Ici il devait bifurquer à gauche, et là, à droite. Ensuite, il pourrait courir tout droit sur une centaine de mètres. Il était tellement concentré sur sa course qu'il faillit ne pas entendre les cris de détresse dont l'origine était désormais beaucoup plus proche. Il devrait d'ailleurs bientôt la voir. A droite. Non, à gauche... Sa mémoire était remarquable, mais tout de même pas infaillible. Tant pis, il passerait au plus court, se laissant guider par la voix de la femme.

- Non ! C'est trop dangereux !
- Tais toi et dis moi plutôt si tu aperçoit quelque chose.
- Non. Ah si, là ! Un peu plus sur ta gauche, il y a quelqu'un à moitié enfoncé dans la boue.
- Putain...
Le druide venait de sauter par dessus ce qui paraissait être une simple touffe d'herbes hautes, et qui en fait cachait une petite mare à la boue gluante et épaisse.

- Je te l'avais dit !
- La paix. Tu es gonflante à la fin !

Le druide était énervé. La fée lui cassait les oreilles et plus il essayait de sortir de la boue, plus il s'y enfonçait. Il en avait déjà à mi-cuisses lorsqu'un cri inhumain, aigu à la limite de l'audible se fit entendre sur sa droite, à quelques mètres seulement. Une poignée de secondes plus tard, une queue de serpent gigantesque passait au-dessus de sa tête à vive allure.
Le monstre se dirigeait droit vers la jeune femme enlisée tout comme lui à une dizaine de mètres seulement d'intervalle. Il avait l'apparence d'un reptile, hormis les ailes déchirées et sa taille démesurée: il devait faire aisément huit mètres de long ! Écailleuse, un diamant rouge sur le front, la bête tourna plusieurs fois au-dessus de la tête de la jeune femme.


- Enfin !

Le druide, dans un dernier effort, avait réussi à utiliser son bâton comme levier pour se hisser hors de la boue. Cependant s'il était sauf, son arme resterait à tout jamais prisonnière du marécage.

- Qu'est-ce que c'est que ce monstre ?
- Je ne sais pas mais il a l'air puissant. Tu ne pourras rien faire sans arme.
- Il va pourtant bien falloir...

Avançant rapidement mais toutefois avec un peu plus de prudence, le druide s'approcha silencieusement de la scène. Le monstre continuait de tourner en rond au-dessus de la jeune femme, prenant le temps de savourer le plaisir d'avoir capturé son diner.

- Qu'attend-il ?
- Rien. Il va passer à l'offensive d'un instant à l'autre.

Et de fait, le monstre au diamant rouge amorça une descente, tout en continuant de tourner.

- Oh non ! Vite !

Il enroula habilement sa longue queue reptilienne autour de la taille de la jeune femme, qui poussa un cri d'horreur.

- Il va la tirer hors de la boue et l'emporter.

Il n'avait plus le choix. Il devait le faire. Il ne pouvait pas laisser cette femme mourir sous ses yeux sans avoir essayé de la sauver. L'incantation allait être difficile sans son bâton; il ne l'avait d'ailleurs jamais tentée ainsi. D'habitude, même avec son bâton, il gardait des séquelles de ses transformations en ours.
Les paroles et les gestes se succédèrent selon un ordre ancestral. La métamorphose commença aussitôt: ses pieds grossirent et se munirent de griffes. Ses jambes enflèrent, déchirant le reste de son pantalon déjà loqueteux. Son torse s'élargit, déchirant sa chemise. Le processus serait incomplet, il le sentait d'avance.
Ce qu'il ignorait, c'est si son organisme résisterait à une transformation incomplète. Lorsqu'il termina l'incantation, ses bras étaient plus forts et ses mains des pattes poilues et griffues, mais son corps et son visage n'avaient pas atteint leur dernier stade d'évolution. Sa respiration fut saccadée et il crut étouffer. Du coin de l'oeil il perçut une vive lumière verte: Aurore venait de lui jeter un sort d'une courte mais très complexe mélodie. Sa respiration se calma jusqu'à redevenir normale, et il sentit enfin la sensation de puissance de l'animal circuler dans ses veines. Il poussa un cri de rage et se précipita vers le monstre. Celui-ci avait fini d'extirper sa proie à présent inconsciente et battait des ailes pour prendre de l'altitude.
D'un bond que ne lui aurait pas permis une transformation complète, il parvint in extremis à s'agripper aux chevilles de la jeune qui pendaient à deux mètres du sol. En effet, sa transformation ratée était en fait une bénédiction: sans avoir toute la puissance de l'ours, il gagnait en contrepartie une part d'agilité plus importante. Il venait de trouver là un bon compromis, il tâcherait de s'en souvenir s'il ne mourrait pas trop tôt.
Le monstre accusa le coup devant ce nouveau poids inattendu mais parvint à voler jusqu'à une interstice dans la paroi rocheuse: son antre. Le vol avait duré dix minutes, il ne lui resterait surement pas beaucoup de temps avant que la transformation ne prenne fin. Il devait agir vite.
A peine eut-il posé le pied sur le sol de la grotte qu'il bondissait sur le monstre. Ce dernier lâcha la jeune femme sous le choc. Ils roulèrent ensemble jusque dans la grotte. Le monstre avait l'avantage du lieu et de la faible luminosité. Il se servit de sa queue pour balayer le druide qui s'écrasa contre une paroi. Secouant la tête pour reprendre ses esprits, il bondit pour éviter un nouveau coup de queue, mais fut renvoyé contre la paroi par un puissant coup de patte. Sans se décourager, il se remit sur pieds et chargea à nouveau. D'un bond, il taillada la queue du monstre à la base, là où il y avait moins d'écailles. Le cri de douleur du monstre fut si strident que le druide ne put rester assez alerte pour éviter un nouveau coup de patte.
Le combat fut âpre et d'une rare violence, et le druide retourna encore cinq fois s'écraser contre la paroi. Cependant, son travail de sape portait ses fruits: le monstre hurlait de douleur chaque fois qu'il voulait se servir de sa queue, et ses pattes avants ainsi que ses ailes étaient profondément entaillées.
Mais le druide savait le combat perdu d'avance. Il avait pris tant de coups que ses membres ne lui répondaient presque plus, et son torse et ses jambes commençaient à reprendre une forme humaine, signe que la transformation prendrait bientôt fin.
Dans un dernier effort désespéré, il parvint à achever son travail de sape au niveau de la queue du monstre: d'une puissante lacération, il sépara net la queue du corps de la bête, et visiblement la blessure lui causa une douleur atroce. Le monstre chancela, tituba, hurla.
Et c'est à ce moment que le druide comprit. Le monstre se servait de sa queue pour tenir l'équilibre. Sans elle, il risquait de s'effondrer à tout moment. Requinqué par cette découverte, le druide bondit une dernière fois et s'agrippa à la gueule béante du monstre, mettant tout son poids vers l'avant. Totalement déséquilibrée, la bête fit quelques pas en avant puis plusieurs en arrière, secouant la tête pour la faire lâcher prise. Une dernière fois, le druide alla s'écraser contre la paroi de la grotte tandis que le monstre continuait de reculer, cherchant son équilibre. Avant de perdre totalement conscience, le druide eut le temps de voir le monstre basculer en arrière dans le vide. Il y eut un bruit sec d'os brisés par l'impact sur le sol marécageux, loin en dessous d'eux, puis, plus rien...
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Les errances d'un druide extraordinairement banal, Par Torik
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