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 Roghan

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symbelmynwe



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Classe : barbare
Date d'inscription : 02/08/2011

MessageSujet: Roghan   Dim 4 Sep - 0:51

La barbarie revêt plus d'un visage. Elle prend parfois le masque de la justice, du bien, du bon droit, mais n'en reste pas moins de la barbarie craquant le vernis de la civilisation par la folie des hommes.

Roghan, un camp disparate, un camp cartellois, un camp aux milles et un visage. Les trognes enfantines tiennent compagnie à celles plus burinées des anciens, des survivants. On y sent la soupe, le crottin de cheval, la sueur et la pisse, la graisse des armes et des armures, le bois et le foin fraichement coupés, la viande d'un mouton à cuire sur une broche, la cendre, le tabac, la lessive, la bière juste brassée, l'odeur des hommes, l'odeur de la vie...

Certains rient souvent trop fort comme pour cacher leurs peurs, mêlant leurs voix à la musique des guitares et des violes trompant l'attente dans des mélodies tristes et rêveuses. Acteurs de plus de batailles que ne compte de jour une année, certain parmi les plus vieux racontent aux gamins à peine sorti de l'enfance : comment s'équiper, que faire lors d'une volée de flèche, où se placer dans la bataille, comment être encore là ce soir ou au matin...
Des gars jouent pour chasser l'ennui,une partie de dés, un tarot de Tarse, de l'or change demain, qui sera là demain pour le dépenser? On entend ça et là le son d'une pierre à aiguiser passant inlassablement sur le fil d'une épée . Bruits de chopes qui s'entrechoquent, l'aboiement d'un chien, d'un sergent, le bruit du temps qui passe plein d'attente, d'envie, de peurs. Un bruit oublieux du silence comme le murmure du combat qui s'annonce.

J'étais venu seul. Stefan en avait décidé ainsi, m'expliquant avec diplomatie, que c'était mieux ainsi, que ce que cherchais dans la bataille devenait trop éloigné de la guilde, du cartel, que ma témérité coutait des vies, trop de vies. Il était sur de lui, mais aussi sur ses gardes, craignant sans doute ma colère ou mon déni. Je l'ai senti soulagé, lorsque en quelques mots je lui ai dis simplement: je comprends.

Je ne comprenais que trop bien. Même si nuls reproches ne furent jamais formulés, la mort de l'enfant changea tout. Les regards éraient différents, les gens étaient différents, mais amis étaient différents. Je comprenais et j'ai étais dans le même temps soulagé. Le plus dur dans la guerre revient souvent à y survivre. Frapper à une porte au petit matin et devoir annoncer, qu'un fils, qu'un père, qu'un mari ne reviendra pas, et que dire quand le fils est une fille, le père une mère, le mari une femme. Je l'ai trop fait ces derniers mois pour souhaiter le vivre à nouveau.

J'ai préparé mon masque : des pigments verts et jaunes, qui à l'heure de la bataille couvriraient mon visage d'un masque de terreur . Mon peuple faisait déjà ainsi, lorsque les hommes de ce royaume vivaient encore dans des grottes vêtus de peaux de bêtes.

L'heure approche. Les joueurs ont rangés leurs dés, les musiciens leurs instruments, les groupes se forment bigarrés, venant de tout le royaume, portant la même couleur verte. Les étincelants arrivent enfin, nos héros à la tête de fortes compagnies,leurs armures luisant dans le soleil couchant. Ils sont venus en nombre, une chance. Des prêtres et des prêtresses passent d'un groupe à l'autre lancent des bénédictions, réconfortent les moins hardis. Des hommes prient, je n'en ai plus la force. Ma main tremble, elle tremble toujours maintenant. Flash est là, il me salue d'un sourire, je souris à mon tour mais le coeur n'y est pas. J'ai peur.

On avance, le bruit des trompettes, des chevaux, des chefs de compagnies aboyant des ordres : Je veux que vous teniez le rang, rien ne passe, ce soir vous êtes notre muraille...Le bruits des bottes, le métal, ce bruit, le bruit de la mort.

Ils arrivent. Elles sont parmi eux je le sens : celle que je cherche, celle que je fuis...
Nous sommes bientôt face à face. A nouveau le silence, le silence devient cri, le cri du cartel : indiscipliné, rageur, batailleur, violant et combattif, le cri d'un coeur.

Il n'est plus de chefs, de barons, de chevaliers, de paysans ici. Les serfs, les artisans, les rentiers, les marchands, les mages, les moines, les fossoyeurs, les bandits, les cuisiniers, les charpentiers, les musiciens, même un ou deux poètes, des héros de mille batailles, tous sous la même banière lancent d'une même voix :

A mort, pour Zélandra et le cartel, A mort!!!


Il y eut Roghan, le sous bois, Far, les marécages, à nouveau Far, puis Roghan et le sous bois...

Quand les combats prennent fin nombreux sont les cris de joie, comme pour mieux conjurer les morts, nos morts. J'ai tué sans fierté, sans honneur, parce qu'il le fallait. J'ai joué le jeu de la bataille des princes.

Ceux d'en face sont ils si différents de nous?

Ils ont prit ma vie comme j'ai prit la leur

Au matin les charognards sont là volant d'un corps à un autre.

Le monde pu la mort

La barbarie prend bien des visages, ce matin n'est pas le moindre d'entre eux
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Roghan
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